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  • Retour sur la Conférence du 18 mai 2026 sur l'origine des plantes cultivées

    L'origine des plantes cultivées

    Deuxième partie : Plantes de vannerie, textiles et tinctoriales

    Par Jean-Claude Porchier

     

    Les plantes, une fabuleuse ressource !

    Nous étions nombreux à venir écouter cette conférence du 18 mai dernier. Et avec beaucoup d’enthousiasme, nous avons appris toute l’importance que revêtaient les plantes dans la vie quotidienne de nos ancêtres.

    Au-delà du moyen de subsistance, l’homme leur a trouvé beaucoup d’autres usages et ce, depuis des millions d’années.

     

    Des plantes propices à la vannerie et à la teinture, l’homme a su en trouver sur tous les continents ou presque…ce qui explique qu’elles ont moins voyagé que les plantes comestibles. Des études récentes font supposer qu’Homo Erectus était capable d’entrelacer des matériaux. Cette activité, qui a précédé la poterie, s’est développée au néolithique et permettait de faire des paniers, des égouttoirs, des pièges à poissons, etc.

    Pour se vêtir, l’homme a beaucoup utilisé les peaux d’animaux… Otzi, l’homme piégé par les glaces il y a plus de 5 000 ans, portait des jambières en chèvre et mouton, des chaussures en cerf et une toque en peau d’ours ; seule sa cape était tissée, avec des herbes des marais. Toutefois, le lin et le chanvre étaient connus, sans doute depuis près de 30.000 ans et utilisés pour fabriquer des cordes, des paniers et des vêtements. Plus près de nous, entre le 15ème et le 18ème s., la culture du lin était si courante en Bretagne, qu’environ 230 buanderies ont été édifiées pour rendre le lin utilisable comme textile.

    Trois millénaires avant notre ère, la soie était déjà utilisée dans la péninsule indienne, mais c’est seulement François Ier et surtout Henri IV qui ont développé l’élevage du ver à soie. Ici, à Maisons-Laffitte, nous avons des arbres ornementaux : mûrier platane, ailante glanduleux et oranger des Osages dont l’introduction fut liée à cet élevage.

    Le coton, déjà connu au Mexique et en Inde il y a 7 000 ans, s’est répandu en Afrique et au Moyen-Orient, d’où il est arrivé en Italie et même en Espagne... Aujourd’hui les principaux pays producteurs de coton sont la Chine et l'Inde, suivis des États-Unis d'Amérique, avec des variétés d’origine mexicaine majoritairement OGM.

     

    Quant aux teintures naturelles traditionnelles, on peut les résumer aux « 3 G ». La garance pour le rouge, la guède (pastel des teinturiers) pour le bleu et la gaude (réséda des teinturiers) pour le jaune. Pour répondre à la demande de leur industrie textile, les Européens ont introduit la culture de l’indigotier dans leurs colonies d’Amérique et d'Asie, ruinant la culture du pastel en Europe.

    Aujourd’hui, l’industrie chimique a remplacé quasiment toutes les teintures, la plupart de nos textiles, et la vannerie est devenue chez nous un artisanat d’art.

     

    L’impact environnemental est malheureusement très important : 64% du coton est de culture OGM, 77% des fibres textiles sont issues du pétrole. A la fabrication, les vêtements seraient responsables de 20% de la pollution des eaux, selon une ONG. Et leur lavage rejette l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques dans les océans !

    Ressources :

    • La conférence projetée par Jean-Claude peut être téléchargée via ce lien
    • Un documentaire remarquable sur la naissance de l’agriculture en France, attention il est disponible jusqu’au 25 août 2026 seulement, sur France.tv
    • Un podcast très intéressant sur le textile, les plus anciennes traces que l’on a retrouvé sur la dépouille d’Otzi et l’évolution des techniques depuis la préhistoire

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